Vous en conviendrez, il y a 'pas fier' et 'pas fier'. Le 'pas fier'... bon... voilà, quoi, on rigole, et le 'pas fier'... 'pas fier'. Hé ben là, c'est un 'pas fier'... 'pas fier'.
Nous somme le lundi 31 décembre 2007, entre midi, treize heures, Rennes et Damgan.
A bord de ma fidèle et rutilante 205, Catherine, Cécile, Seb et moi-même échangeons nos vues quant à la meilleure façon de récupérer un itinéraire à peu près direct pour rallier Damgan. Il faut préciser ici que quelques dizaines de minutes plus tôt, j'ai lamentablement raté la sortie pour Nantes, soit l'itinéraire susnommé. Orgueil du mâle (« je pisse debout donc je connais la route »), dissonance des avis (« c'est p't'être à droite, mais je suis pas sûr. Et toi ? Ben, pas sûr non plus, mais je crois que c'est p't'être tout droit »), je ne me souviens plus très bien, mais quoi qu'il en soit, on s'est craqué.
Nous battons donc gaiement la campagne, par ailleurs très belle, inaccessibles à la morosité en cette date festive en diable, lorsque Seb déclare d'une voix toute empreinte de solennité :
- « J'ai faim »
Là encore, précisons que nous sommes attendus à Damgan pour déjeuner et que de ce fait, personne n'a songé à emporter la moindre denrée vaguement comestible. Seules quelques bières glanées au terme d'une récente soirée tintinnabulent dans l'habitacle.
- « Bois une bière, ça te fera quelque chose dans l'estomac » lancé-je à l'affamé.
- « Ouais, pas con ! »
Joignant le geste à la parole, Seb décapsule virilement l'un des flacons, libérant des effluves maltés qui ne tardent pas à envahir le volume exigu du véhicule. Comme rassérénée par la pétillance fraîche et musicale du breuvage, l'humeur générale retrouve cette légèreté propre aux départs en vacances.
Seb, de la banquette arrière :
- « Une p'tite gorgée, Nico ? »
- « Tu m'étonnes ! »
Je me retourne pour m'emparer du contenant plein de promesses lorsque la voix douce mais quelque peu tendue de Cécile me lance :
- « Euh… on va pas se prendre le panneau,là ? »
Volte-face… analyse rapide de la situation… coup de volant maîtrisé… le panneau central est évité ! Pas le bout de trottoir du terre-plein.
A 90 km/h, même s'il s'agit d'un terre-plein à bords biseautés (genre en forme de haricot entre deux voies), ça fait des dégâts.
Bilan : un pneu crevé instantanément et une jante bien niquée (cf. la photo).
Je profite de l'occasion pour louer une nouvelle fois l'efficacité de Seb, qui, connaissant les 205 par cœur, a changé la roue pratiquement tout seul en à-peine 3 mn.
Alors voilà, je ne suis VRAIMENT pas fier d'avoir mis en danger mes passagers en commettant une faute de débutant, qui plus est pour une gorgée de bière.
Pour clore cette historiette édifiante, sachez que nous avons finalement atteint Damgan sans encombre, que la voiture est maintenant réparée et que je ne bois plus au volant mais au goulot.
D'habitude, je me réveille avec france info. Déjà, ça, j'en suis pas fier. Ce matin, je me suis réveillé avec le montant de la porte de ma salle de bain. Là, dans l'ordre, j'ai réalisé que i) je n'avais pas pleuré depuis hyper longtemps, ii) pleurer le matin, ça aide à faire partir la peau de saucisson de devant les yeux, iii) un ongle, ça peut se plier en 3 ou 4, en fait, iv) il est possible de perdre son érection matinale en moins de 6 secondes, finalement (à retenir pour le matins où on a très envie de pisser). Comment voulez vous croire en l'avenir après un réveil comme celui-là, hein ? Nico
Il m'a souvent été reproché de n'avoir jamais contribué à ce blog. Divers procédés ont été utilisés à cette fin, de la remarque ouvertement acerbe à l'injonction à peine déguisée, mais là, la photo, je trouve ça dur. Les esprits taquins diront qu'au moins, ça a marché, mais bon, quand même, c'est bas. Du coup, je me sens obligé de rétablir la vérité quant au contexte dans lequel cet horrible instant à été immortalisé. C'était le 30 décembre 2003 à Rennes, veille d'un mémorable premier de l'an dignement fêté dans l'appart' de Ben et Vince. L'échauffement censé nous préparer pour le lendemain était bien avancé (on en était aux étirements si je ne m'abuse), et je ne sais plus qui a lancé l'idée pathétique d'une séance d'essayage de bonnets. Il me paraît superflu de le rappeler aux visiteurs habituels de ce blog, mais pour les p'tits nouveaux, sachez que je n'ai pas une tête à chapeaux (c'est rien de l'dire). Bref, on se coiffe, on rigole, on se moque, et soudain, face à l'objectif, je pose. Alors bon, j'en suis pas fier, hein, on est d'accord, mais je précise que dans le contexte, j'étais à la recherche de la pire gueule qui soit, histoire de faire sourire mes petits camarades. Voilà, la vérité est rétablie. P.S. Message personnel au petit camarade qui se reconnaîtra sans peine : je te laisse le soin de retirer dans les plus brefs délais la photo évoquée plus haut. Si ce n'est pas fait demain, je te crève les pneus. Nico